2,8 ou 4 ?

C’est le Graal de tout photographe, professionnel ou amateur ; des objectifs lumineux, « qui ouvrent », comme on dit dans notre jargon.
Car un objectif lumineux offre la possibilité de photographier lorsque la lumière est faible, ou bien lorsqu’on a besoin d’utiliser des vitesses d’obturation élevées. Indirectement, un objectif dont le diaphragme permet une grande ouverture, offrira un flou d’arrière plan plus joli sur des portraits ou des photos d’objets rapprochés.
Pour un professionnel il paraissait impensable, il y a seulement quelques années, de ne pas avoir dans sa besace des objectifs qui n’ouvrent pas au moins à f2,8. Des objectifs lourds et chers, car ils sont équipés de lentilles de grand diamètre.

Arrière plan flou à pleine ouverture du diaphragme

Arrière plan flou à pleine ouverture du diaphragme, sur un objectif f4

Mais depuis quelques temps cela change ; les capteurs montent de mieux en mieux en sensibilité, et permettent de compenser l’absence de lumière.
Du coup les fabricants d’objectifs élargissent leurs gammes professionnelles, avec des objectifs qui ouvrent à f4. S’ils laissent passer, à pleine ouverture, deux fois moins de lumière que leurs homologues f2,8, ces f4 sont également bien moins lourds, et bien moins chers.
Et ils produisent également de très beaux flous d’arrière plan.
Il n’est donc pas surprenant de les voir se multiplier dans les sacs des photographes professionnels.

Il reste toutefois des cas de figure où le f2,8 continue à se justifier pleinement. C’est particulièrement le cas en photo de concert. La montée en sensibilité du capteur s’accompagne généralement d’une dégradation de la qualité de l’image, qui n’est pas toujours acceptable pour des portraits sur scène. A considérer également, l’autofocus de l’appareil qui travaille mieux et plus rapidement lorsqu’il dispose de plus de lumière. En situations difficiles (concert, spectacle en salle, sport en salle…) un objectif f4 pourra brider l’autofocus de votre boîtier, voire même empêcher purement et simplement la mise au point automatique !
Autre préoccupation ; sur un capteur APS-C, la gestion du flou d’arrière plan est moins « douce », moins « subtile » qu’avec un capteur 24×36 (autrement appelé « full frame » ou FF). Un objectif ouvrant à f2,8 pourra alors être un allié de choix pour obtenir de beaux flous d’arrière plan, là ou un f4 ne donnera pas la même douceur.

Quant à moi je continuerai à utiliser, sur mon Nikon D700, le Nikkor 24-120 f4 ; cet objectif offre une étendue de focale très intéressante en reportage, permettant de passer instantanément de la vue d’ensemble au portrait serré, tout en permettant une belle gestion de la profondeur de champs et du flou d’arrière plan. C’est un objectif que j’utilise régulièrement, avec lequel j’ai produit bon nombre des images de mon portfolio

Comme vous le voyez, je suis convaincu que les objectifs professionnels f4 ont un bel avenir, sans remettre totalement en question l’utilisation des f2,8.

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